Vintage : Saison 1996-1997 / EAG-Lille (1-0)

Historique : 

LE MATCH : SAISON 1996-1997, GUINGAMP-LILLE (1-0), tous les chemins mènent à Rome  !

Candela peut partir à l’AS Roma ! Logique vainqueur de Lille sur un « rush » final de Jozwiak, En Avant à choisi de libérer son international. Le club breton prend trois points précieux avant d’empocher les 15 millions de francs d’un fabuleux transfert vers l’Italie. Quelle soirée ! 

« Il nous a manqué cinq minutes de compétition », analysait lapidaire ment Jean-Michel Cavalli, l’entraîneur lillois. D’un rien, le LOSC a raté ce « petit » point qui change la face des choses. Marek Jozwiak, le buteur stoppeur, est passé par là à la 89ème minute. L’international polonais a offert trois points inestimables à En Avant et évité une nuit de regrets à ses attaquants, incorrigibles de maladresses.

Alors que les Lillois n’ont vraiment sollicité Hugues que sur un coup-franc de Garcion (11e) et sur une frappe de Collot (34e), Guingamp s’est crée une tonne d’occasions de but. Avec un soupçon d’efficacité, il aurait dû passer une des plus confortables soirées de la saison. Rien que dans le premier quart d’heure, Aubry s’est trouvé trois fois en extrême difficulté. Une combinaison Michel-Carnot, ponctuée par une volée de Wreh a donné le tempo (5e). Royalement servi par Baret, Coridon s’est ensuite présenté seul face au gardien Lillois, totalement abandonné à son sort (6e). Aubry a évité la casse comme il a su repousser une reprise de Carnot sur une longue entrée en touche de Jozwiak (9e). Sur un tir croisé (21e) et sur une tête plongeante (22e), Charles Edouard Coridon a orchestré une nouvelle vague offensive. Rien ne rentrait. Ni la reprise de Baret au ras du poteau (40e), ni les tentatives de Jozwiak puis de Wreh sur un corner de Carnot (24e) ne trouvaient la cible.

L’addition et le jackpot

« Sur un match de cette qualité là, il aurait été dommage de faire match nul mais en marquant plus vite, nous aurions dépensé la moitié moins d’énergie », résumait Francis Smerecki. Comptable-en-chef, l’entraîneur guingampais savourait la victoire sans en oublier le prix fort. « Aujourd’hui, lorsqu’il fallait faire 10mètres les gars en on fait onze. Dans trois mois, nous n’aurons plus cette énergie. Nous ne feront que 7 mètres et nous nous ferons « bananer ». Voilà pourquoi il nous faut absolument améliorer la finition ». A bon entendeur… Auteur d’un but impossible à Mont-de-Marsan, Christopher Wren a bafouillé le plus facile et prendra la remarque pour lui.

Trop souvent pris au piège du hors-jeu, le jeune Libérien a raté, dès le début de la 2nde période, une occasion idéale d’économiser du stress et de l’énergie. Seul face à Aubry sur une ouverture de Horlaville, il a manqué son duel en oubliant sa spontanéité. « C’est promis. La prochaine fois, je les mettrai au fond », s’excusait-il.

Sans la détermination décisive de Marek Jozwiak, Guingamp se serait perdu dans un dispositif lillois qui ne laisse personne à l’abri d’un mauvais coup. Dans le brouillard de Roudourou, les vieux démons de la fin d’année (défaite 1-0 devant Nîmes, Nices et Cannes) n’ont heureusement pas retrouvé leur chemin. La tendance s’inverse. Après avoir payé l’addition, Guingamp décroche aujourd’hui le jackpot. Derrière les trois points du bonheur se cache une ribambelle de zéros couchée sur un très gros chèque italien. Candela partira pour l’Italie. Même à la 89ème minute, tous les chemins mènent encore à Rome…

Le but : 89ème minute, Sur un corner de Stéphane Carnot de la droite, Mihali est à la réception. Sa reprise est contrée et parvient à Jozwiak qui propulse le ballon sous la transversale (EAG 1-0 Lille)

Les réactions :

Charles-Edouard Coridon : « Je vais remercier Marek Jozwiak de m’avoir épargné une mauvaise nuit et beaucoup de regrets. Je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu rater l’occasion qui s’est présentée d’entrée de jeu. »

Nicolas Laspalles : « Nous méritions deux buts d’avance à l’issue de la première mi-temps. Sur l’ensemble, la victoire est logique même si elle est venue tardivement. L’essentiel est fait avec les trois points et toute la sérénité qu’ils vont engendrer. Physiquement, nous étions tous bien ce qui nous a permis d’aller chercher ce résultat. »

Angélo Hugues : « Je n’ai pas vu le but avec le brouillard. J’ai simplement vu que tout le monde sautait de joie »

Christopher Wreh : « Nous avons bien joué et nous nous sommes créés beaucoup d’occasions. Personnellement, je crois que j’en ai laissé passer trois. Ce sont des choses qui arrivent. La prochaine fois, j’essaierai de les mettre au fond. Le plus important restent les trois points. Au lieu de jouer la coupe d’Afrique des Nations avec le Libéria, j’étais resté ici pour gagner. »

Yannick Baret : « Nous aurions mérité de gagner plus largement mais il aurait fallu marquer plus tôt. A la mi-temps, nous avons pensé au match de l’an passé au cours duquel ils nous avaient piégé en contre. Il fallait donc courir après la victoire sans oublier de jouer la sécurité. Nous serions sortis avec beaucoup de regrets si la victoire n’avait pas été au bout.« 

Claude Michel : « Nous avons inversé la tendance par rapport au moins de décembre et à nos prestations face à Nice ou Cannes. Avant la trêve, nous aurions peut-être perdu ce match. Là, grâce à une grosse débauche d’énergie, nous avons matérialisé notre volonté de gagner. Ces trois points vont nous faire du bien et en plus nous passons cette barre des 30 points.«