Coupe de France 1972-73: épisode 1 – L’incroyable 1er exploit à Laval (D2)

30/03/23

La vidéo témoignage de Michel André,Yvon Schmitt, Yvan Le Quéré et Sylvestre Salvi

Il y a 50 ans, une bande de jeunes guingampais, évoluant au 2e niveau régional, a écrit une des plus belles pages du fascinant livre d’En Avant. L’exploit d’éliminer 4 clubs pros de Division 2 en coupe de France n’a jamais été réussi depuis cette date. Une épopée fondatrice pour ces jeunes aussi talentueux qu’insouciants dont la plupart permettront au club d’atteindre la D2 cinq années plus tard. Nous vous proposons de revivre cette formidable épopée jusqu’au coup d’envoi de la rencontre qui opposera, lundi prochain au Roudourou, En Avant aux Girondins de Bordeaux: match choisi par le club pour vous présenter ces héros qui ont permis à tous les Français de pouvoir placer Guingamp sur une carte.

Ce 17 décembre 1972, restera dans les annales d’En Avant comme la date anniversaire de la première victoire des “rouge et noir” face à une équipe professionnelle. Le premier exploit retentissant de cette bande de jeunes amateurs dont la majorité s’était déjà distinguée sur l’échiquier national en se hissant en 1/4 de finale de la coupe Gambardella en 1970.  

Pour atteindre ce 6e tour, les “gamins” d’En Avant, âgés d’à peine 20 ans (l’entraîneur en a 22 !) s’étaient imposés face au stade Charles de Blois au 3e tour. Un derby remporté avec brio (5-1) face à l”ennemi intime” du club laïc. À cette époque, battre le patro guingampais  était plus qu’une fierté, une nécessité absolue. La couronne de laurier pour le vainqueur, l’humiliation pour le perdant.

Puis, lors des 4e et 5e tours, les joueurs du jeune président Noël Le Graët réussissent l’exploit de sortir deux clubs évoluant un échelon au-dessus (Louannec (3-0) et Lamballe (2-0). Une grande satisfaction pour les dirigeants qui ne peuvent alors imaginer la formidable aventure qui suivra…

Pourtant, au moment du tirage au sort de ce 6e tour de coupe de France, le pessimisme habitait joueurs et dirigeants. Pensez donc, “jouer une D2 à l’extérieur, c’était le pire tirage pour un petit club de D.S.R”  se souvient Sylvestre Salvi, l’entraîneur-joueur de l’équipe. Un pessimisme ambiant renforcé par le résultat de nos jeunes guingampais face à l’équipe B du club mayennais quelques semaines plus tôt en championnat (défaite 2-0).

Pour ce déplacement à l’allure de fin d’aventure, l’unique objectif consiste à sortir de la compétition la tête haute en affichant le meilleur visage possible compte tenu de l’adversité.

Trop sûrs d’eux, les pros lavallois passent à travers de leur match face à 11 guingampais qui obtiennent cette incroyable et finalement logique qualification. Le premier exploit d’une série que nous continueront à vous narrer lors les prochains jours.

Voici le compte rendu de Ouest-France

Laval humilié par une remarquable équipe

(L’article de Ouest-France)

LAVAL. – C’est le plus normalement du monde que l’équipe d’En Avant de Guingamp a éliminé une piètre formation lavalloise. Cette dernière, en effet, fut humiliée et parfois ridicule devant l’enthousiasme, la ténacité, l’excellent esprit et le bagage technique que présentèrent onze Bretons résolus et qui entamèrent les hostilités sans le moindre complexe.

Certains à la lecture du résultat ont sans doute pensé qu’heureux d’avoir marqué les premiers les Guingampais s’étalent groupés devant leur gardien pour arracher cette qualification. En fait il n’en est rien. La jeune équipe des Côtes­-du-Nord ne joua jamais la défense, mieux même, elle prit le plus souvent l’initiative grâce à une très bonne conduite de balle. Chacun de ses membres ne tergiversa jamais. et lança par de longues balles dans les espaces libres. Des ailiers rapides. astucieux et aux dribbles déroutants qui semèrent le désarroi au sein d’une défense lavalloise surprise et gênée dans la relance du jeu des diables rouges, toujours prêts à secourir le porteur du ballon.

LE SCORE ETAIT ACQUIS AU REPOS

Il ne nous a pas fallu attendre de longues minutes pour être persuadé que les Guingampais n’étaient pas venus en victimes résignées dans le chef -lieu de la Mayenne. Mieux même, prenant le match à bras le corps ils eurent 1’initiative des opérations et ce d’autant plus que l’équipe de Laval, peut-être un peu trop sûre d’elle, tardait à trouver son équilibre. Les relais étaient trop lents. Le rythme inexistant, le porteur du ballon oubliant totalement ses partenaires.

A l’issue des vingt premières minutes de jeu. Cependant, la formation lavallolse donna l’impression d’être en mesure d’assommer son adversaire quand elle le voudrait. Mais raisonner ainsi était méconnaitre totalement la volonté et le bel esprit qui, en général, traduisent, le jeu breton

Le but que Lugier réalisa à la 28·’ à la sui1e d’un slalom dans la défense guingampaise et d’une bonne passe de Piat, n’éprouva nullement les visiteurs qui continuèrent à pratiquer, comme à la parade, un jeu offensif que l’on chercha en vain dans le camp lavallois. Les actions spontanées, les accélérations se faisant de plus en plus rares au fil des minutes

Les Guingampais, quant à eux, se persuadèrent qu’ils étaient en mesure, sinon de créer la surprise de la journée du moins de sortir de la coupe ·la tête haute.

Ils continuèrent a harceler l’équipe lavalloise désunie et stupéfaite devant tant de réalisme et de ferveur. Hervé Le Coz, au four et au moulin, tira une première fois à la 34′. Rose ne put contrôler le ballon qui échouait à nouveau dans les pieds du demi de Guingamp, c’était l’égalisation. Une égalisation amplement méritée.

Quelque peu vexés, les Lavallois eurent des réactions, pourtant trop épisodiques. Kostlc, d’une façon irrégulière, fut amené à stopper de façon irrégulière, l’excellent Le Coz en bonne position lace au gardien de Laval. Schmitt tira le coup franc et Rose une seconde fois, s’inclina. Nous en étions à la 41′.

TOUS LES GUINGAMPAIS UNIS DANS LES MEMES ÉLOGES

La deuxième mi-temps vit évidemment l’équipe de Laval dominer territoria1ement et passer à la vitesse supérieure. Pour autant, elle ne se créa pas l’occasion de but même si l’on nota une heureuse intervention de Reyt devant Lugier a la 60′. Ce fut au contraire celle de Guingamp qui connut encore les meilleurs moments mais André seul devant Rose, bien servi par Le Quéré, ne parvint pas à dévier la balle. Un nouveau centre de Le Ouéré trouva Allain à la réception, mais il ne fut pas plus heureux que son compère de l’attaque.

Ces deux actions tranchantes et menées tambour battant illustrent parfaitement le jeu offensif des Bretons qui sont tous à féliciter pour leur remarquable exploit.

A notre avis, Salvi, Schmitt, Reyt, Hervé Le Coz. Le Ouéré nous semblent avoir été meilleur que leurs camarades. Quant A l’équipe de Laval, elle a subi une totale humiliation. Les quolibets qui l’accueillirent au retour aux vestiaires sont suffisamment éloquents pour que nous ajoutions quoi que ce soit.

Michel Jouneaux (Ouest-France)

fiche technique:

Buts: Lugier (28′) pour Laval. Hervé Le Coz (34′), Yvon Schmitt (41′)

Gulngamp : Reyt, Anthoine Schmitt, Person, Salvi, Allaln, Hervé Le Coz, Le Quéré, André, Jean­Yves Le Coz, Cozic. Douzième : Le Guennic

Laval: Rose. Desgages, Lamy, Kostic. Lhuissier. Maligorne. Ponce, LugIer, Piat, Gomis, Sablé puis Lemieuvre, à la 72′

Bon arbitrage de M. Garel de Rennes.

 

Le compte rendu du Télégramme

Qui sont-ils?

La vidéo témoignage: