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Histoire

mercredi 12 octobre 2011

La naissance d’un club exceptionnel...

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En Avant 1ere équipe 1912

C’est en 1912, par la volonté d’instituteurs laïcs, qu’En Avant voit le jour. En ce début de siècle, les milieux républicains créent une multitude de groupes de jeunesse. Dans ces « patros » laïcs, on pratique le maniement d’armes, la gymnastique, l’athlétisme, l’escrime ou encore le football. A Guingamp, Henri Deschamps, le directeur de l’école primaire supérieure des garçons, est l’initiateur de la formation de l’association sportive. Celle-ci naît sous le nom de "Société d’Éducation Physique En Avant".

Lors de l’enregistrement de l’association à la préfecture, il est spécifié que la SEPEA Guingamp a pour but le développement physique de ses membres par la pratique du sport en plein air : football, natation, tir... Le club de football prend vite le dessus et l’En Avant de Guingamp est né. Mais la naissance "officielle" du club n’interviendra que peu après la 1ere Guerre Mondiale, en décembre

1918, les footballeurs prennent le pouvoir

1918 marque un premier tournant de l’histoire du club. En Avant intègre le giron de la FFF. André Lorgeré est élu président en 1920. Radical-socialiste, il sera élu maire de la ville en 1925 avant de devenir député et secrétaire d’état. A En Avant, André Lorgeré est épaulé dans sa tâche par Yves Jaguin, tanneur dans le civil et l’instituteur Georges Voisin. Sous l’impulsion du trio, le club se structure. En Avant se dote d’un vrai terrain dans le quartier de Montbareil . Un champ plat appelé pompeusement « Parc des Sports » qui fait le bonheur des footballeurs « rouge et noir ». Le confort est sommaire. Les joueurs se changent dans les hangars voisins, se lavent dans le lavoir situé tout près. En Avant gravit les échelons dans la hiérarchie régionale du grand ouest. La DH est atteinte en 1929. Les Guingampais y côtoient Lorient, Laval , Brest ou encore Angers pendant deux saisons avant de redescendre. 

Déjà, la coupe de France

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EAG 1943-44
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Coupe de France 1933

Dans les années 30, Guingamp commence à faire parler de lui à l’échelon national. La coupe de France a toujours constitué le tremplin idéal pour accroitre la notoriété d’une cité. Les joueurs de l’entraîneur Burlot, qui dirigea l’équipe de 1926 à 1946, peuvent le vérifier dès 1931. Le CO Billancourt et ses internationaux sont les premiers cadors à découvrir, qu’au pays des menhirs, les footballeurs sont tout aussi solides. Guingamp s’incline (3-1) mais puise dans cette défaite honorable, les raisons de croire en un fabuleux destin. Deux ans plus tard, c’est au tour du grand Racing de Paris de venir humer l’air de Montbareil. Bien avant la création des coupes européennes, le Racing appartient au gratin continental avec sa pléiade de vedettes étrangères dont le gardien autrichien Hiden considéré alors comme le meilleur gardien du monde. Devant une foule record, les « rouge et noir » démarrent pied au plancher et ouvrent le score par Fichou dès la 6e minute. Les Racingmen redressent la barre et reviennent de leur voyage en province avec un score de 5-1.

L’après-guerre : les années Couquet

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Les ravages de la seconde guerre mondiale passés, En Avant repart de plus belle. Hubert Couquet devient le nouveau président. Directeur des florissantes usines Tanvez, Couquet a de grands projets pour son club. Il attire à Guingamp des joueurs talentueux grâce aux emplois qu’il garantit. L’équipe prend des accents espagnols avec la présence de pas moins de cinq joueurs hispaniques. C’est à cette époque également que Marcel Schmitt quitte son Est natal pour venir s’installer dans les Côtes du Nord pour occuper le poste de gardien de but. Avec sa redoutable armada, En Avant goûte à nouveau à la Division d’Honneur de 1949 à 1953 et brille encore en coupe de France. La formation coachée par Duraz atteint les 32e de finale à deux reprises. En Avant doit s’incliner face aux pros de Sochaux (5-1) avant de chuter au même stade de la compétition à Rouen face à Bruay-en-Artois. 

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CDF 32e contre Bruay-en-Artois

Durant cette période, le club est même tout proche de monter en CFA, le must du football amateur. Malheureusement, En Avant doit se résoudre à quitter la DH. Une descente mal digérée par l’impulsif Hubert Couquet. En 1955, le président frappe un gros coup. Il attire sur les bords du Trieux comme entraîneur-joueur, l’illustre Jean Prouff, international du stade Rennais, avec pour mission de faire remonter le club. Attendues sur chaque terrain de DHR, les « vedettes » d’En Avant échouent dans leur entreprise en finissant 3e du championnat. S’en suit une longue période de disette. Hubert Couquet, battu lors des élections municipales, démissionne. Sans son ambitieux président, on se dit qu’EN Avant va devoir se contenter du menu ordinaire. C’est sans compter sur la relève. Depuis le début des années 60, les équipes de jeunes d’En Avant tiennent le haut du pavé. Et c’est grâce à sa jeunesse triomphante que la renommée régionale des « rouge et noir » va devenir nationale

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La Gambardella 1969


La grande aventure d’En Avant a assurément pris racine dans l’épopée de son équipe junior en Coupe Gambardella lors de la saison 1969-70. Enchaînant les exploits aux quatre coins de la Bretagne, Paimpol (3-1), Rennes (3-2), Nantes (2-1), et La Rochelle (3-1) les jeunes guingampais font découvrir le club costarmoricain alors quasiment inconnu à l’échelon national. Malgré la défaite en quart de finale face aux futurs internationaux de l’AS Saint-Etienne (0-1), ce parcours permet aux jeunes de prendre conscience de leur potentiel. Dès, l’année suivante, les jeunes guingampais propulsent l’En Avant en DHR puis en DSR (1971) ! Tout va alors très vite...

Quand la France, tombe sous le charme...

A l’orée de la saison 1972-73, Noël Le Graët, tout juste âgé de 30 ans, est nommé à la présidence. Né un 25 décembre, ce jeune commercial, grossiste et détaillant en électro-ménager, a vu le jour sous une bonne étoile. Son équipe évolue en D.S.R (juste en dessous de la Division d’honneur) et va se révéler à la France entière qui va en tomber sous le charme de ces jeunes dans le vent. Michel Drucker, dans une émission dominicale, interrompt même le programme pour donner le résultat des « rouge et noir ». Guingamp fait la une de tous les journaux nationaux, curieux et admiratifs de l’épopée de cette bande de jeune à qui rien ne fait peur. 

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Cette équipe composée en grande majorité de vingt ans, entraînée par leur ainé Sylvestre Salvi (22 ans), entre dans la légende comme le titre le journal l’Equipe. Après avoir éliminé le rival local, le stade Charles de Blois (5-1), Louannec (3-0, DH) et Lamballe (3-0), la joyeuse troupe s’offre le scalp de quatre clubs de division 2. Laval est tout d’abord battu chez lui (2-1) grâce à deux buts d’Hervé Le Coz et Yvon Schmitt. L’histoire est en route. Brest passe ensuite à la trappe à Roudourou en 64e de finale (doublé de Michel André). Les Guingampais font encore plus fort en 32e de finale face à l’US Le Mans alors 7e du groupe A de D2. Menés (2-0) après seulement 23 minutes (Smerecki, Marchi), les coéquipiers de Bernard Reyt renversent complètement la vapeur. Michel André s’offre un triplé (32’, 58’ et 78’) avant que l’entraîneur-joueur Sylvestre Salvi clôture la marque à la 90e sur penalty. Et de trois pour En Avant qui en plus de bousculer la hiérarchie, séduit par sa fraîcheur, son abnégation et le talent de ses gamins. Le tirage au sort des 16e de finale, offre un nouveau derby. Guingamp recevra Lorient à Brest dans un stade de l’Armoricaine qui s’avère trop petit pour accueillir la foule des supporters. Au coup d’envoi, même les pylônes d’éclairage sont pris d’assaut pour assister à un nouvel exploit des « Rouge et Noir ». Bernard Reyt, Joël Anthoine, Yvon Schmitt, Jean-Yves Person, Sylvestre Salvi, Yvon Allain, Jean-Yves Le Coz, Jean-Michel Cozic, Yvan Le Quéré, Michel André, Alain Rouvillois font encore un peu plus croître leur notoriété en s’imposant à nouveau (2-1, André, 40’ et Le Quéré (61’). « Guingamp, une leçon pour les « grands » titre Le Miroir du Football. Sur 1581 clubs engagés, En Avant fait partie des 16 rescapés. A côté des 15 autres qualifiés (Sochaux, Red-Star, Lyon, Bordeaux, Nîmes, Reims, Paris FC, Nantes, Marseille, Lille, St-Etienne, Arles, Montluçon, Avignon et Rouen), En Avant fait évidemment figure de petit-poucet. Le sort n’offre pas une sortie en beauté face à un cador mais une double confrontation avec une solide équipe de D1. Cette fois, c’est le stade de la Route de Lorient à Rennes qui est le théâtre du match Guingamp-Rouen (D1). Plus de 28 000 spectateurs prennent d’assaut le stade occupé d’ordinaire par les pros du stade. La Bretagne entière a fait le déplacement pour assister de visu à un nouvel exploit. Hélas, la blessure au genou dès le début du match d’Yvon Schmitt et une lassitude physique provoquée par les sollicitations sportives et médiatiques, empêchent les Guingampais de rivaliser avec un adversaire plus mature. La bande de Sylvestre Salvi est battue 5-0. Lors du match retour, alors que le suspense est inexistant, le stade Robert Diochon a fait tout de même le plein. Les Rouennais se pressent pour découvrir cette bande d’irréductibles bretons dont tout le monde parle. Les Rouennais l’emportent ( 3-0) mais cette fois, les Guingampais retrouvent leur plus séduisant visage. L’aventure s’arrête en Haute-Normandie, croit-on… on le saura plus tard, elle ne faisait que débuter.

De la DSR à la D2

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Cette bande de jeune aurait pu se disloquer, céder aux chants des sirènes. Convaincus par Noël Le Graët que leur destin passe par Guingamp, les joueurs décident de continuer à prendre du plaisir ensemble sous le maillot rouge et noir. Sur sa lancée, En Avant accède à la DH avant de goûter à la troisième division en 1976. Une première saison couronnée d’une accession inespérée. Au terme d’un match mémorable à Yves-Jaguin contre Cholet (2-0), En Avant accède à la seconde division.


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1er but en D2 contre Caen en 1978

Des débuts délicats

En Avant déboule dans le monde professionnel un peu par hasard. Noël Le Graët décide de maintenir le cap. Pas question de faire venir des pros sur le retour sur les bords du Trieux. Le recrutement reste régional. Jean-Luc Le Blévec arrive de Lorient, Alain Thiboult de Vannes, Jacques Cadran et Gilbert Le Goff de Morlaix. Battu à Lille lors de son premier match de D2, En Avant goûte aux joies de la victoire dès la seconde journée face à Caen (2-0). Le stade Yves Jaguin n’étant pas prêt, c’est au stade de Roudourou que l’équipe de Claude Pérard décroche ce succès historique grâce à deux buts de Roger Gill (13’) et Guy Stéphan (30’). La suite est moins rose, les coéquipiers d’Yvon Schmitt mettent 8 rencontres à gagner à nouveau. L’efficacité de Guy Stéphan et une solidarité sans faille permet à l’équipe de se hisser au niveau et d’obtenir le maintien. L’essentiel est fait. Reste à pérenniser le club à ce niveau.

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L’apport de Cédolin


Noël Le Graët a alors la bonne idée de faire appel à René Cédolin. Durant sa carrière de joueur à Rennes et d’entraîneur (7 saisons à Rennes et Troyes), Cédolin n’a connu que la D1. Il débarque dans les Côtes-du-Nord avec pour mission de professionnaliser le club tout en conservant l’esprit maison. Un cocktail maîtrisé. Preuve que l’euphorie guingampaise n’est pas encore retombée, l’En Avant manque de très peu la montée en D1 en 1980, après un bras de fer homérique avec le voisin Rennais qui rafle la seconde place synonyme de barrages à la différence de buts.

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Kéruzoré impose le style guingampais

Raymond Kéruzoré, le pur-sang breton au caractère flamboyant, va finalise le travail entrepris par Cédolin. « Kéru » impose un style pétillant et technique à l’équipe. Un style qui ravi le public et colle parfaitement à la devise de Guingamp : En Avant… L’effectif se renouvelle sans que l’esprit disparaisse. En Avant renoue avec de nouveaux succès en coupe de France en 1983 et 1984 (8e de finale puis ¼ de finale, éliminé par Toulon et Tours). 1984 constitue un cap déterminant pour le club. 72 ans après sa création, l’En Avant de Guingamp adopte le statut professionnel. Un passage obligé. Noël Le Graët est lassé de voir ses meilleures jeunes comme Philippe Lucas ou Philippe Tibeuf quitter le club sans contrepartie financière. En ces temps de changements, Guingamp s’ouvre vers l’extérieur. Le Hollandais Willem Letemahulu arrivé dans les valises de Kéruzoré, inaugure une tradition de joueurs étrangers talentueux. Tout le monde se souvient du sénégalais Christophe Sagna, du Brésilien Luinzinho ou de l’Algérien Rabah Gamouh mais c’est un Polonais qui va permettre aux « Kéru’s boys » d’atteindre la plénitude.

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But de Szarmach contre le Racing


Monsieur Szarmach

En juin 1985, c’est une grande figure du football mondial qui enfile la tunique guingampaise. A 36 ans, Andrzej Szarmach a tout connu. Avant-centre de la grande équipe de Pologne, le chasseur de buts moustachu a remporté les Jeux Olympiques en 1972 et terminé deux fois 3e de la coupe du monde avant de recevoir l’autorisation de quitter le bloc communiste pour Auxerre. Sur les bords de l’Yonne, Szarmach inscrit 100 buts…en 154 matchs avant que Guy Roux décide de s’en séparer. Décontenancé, l’aigle de Gornik met la période des matchs amicaux pour retrouver son niveau. Dans le jeu préconisé par Kéruzoré, entouré de joueurs aussi talentueux que Michel Rio, Hervé Guégan ou Daniel Lubin, Szarmach constitue la pierre angulaire de l’édifice. La grande classe. Le Polonais n’a rien perdu de son efficacité légendaire. Il inscrit 26 en 34 rencontres. Guingamp achève le championnat à la seconde place derrière les intouchables « milliardaires » du Matra Racing de Jean-Luc Lagardère. Malheureusement, les coéquipiers de Jean-Claude Nadon sont au bout du rouleau. En Avant doit baisser pavillon à Alès (3-0) et dire adieu à ses rêves de Division 1.

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Arnaud Landré contre Caen en 1988

La traversée du désert

Kéruzoré quitte Guingamp sur cet échec très relatif. Jean-Noël Huck, le remplace mais ne tient que six mois. Yvan Le Quéré lui succède sans plus de réussite. Le ballon ne danse plus du côté de Jaguin. Jean-Paul Rabier, Erick Mombaerts puis Alain De Martigny se penchent au chevet du malade sans trouver le remède. Les « rouge et noir » ont beau déménager en passant du vétuste stade Yves Jaguin au Roudourou, la mayonnaise ne prend plus. Elu à la présidence de la Ligue en 1991, Noël Le Graët a cédé entre temps son poste à Bertrand Salomon. En 1993, De Martigny ne finit même pas la saison. Son remplacement par Yvon Schmitt, n’empêche pas l’inéluctable : Guingamp est rétrogradé en National. La fin de la belle histoire ? Non, le début d’une irrésistible ascension.

Du National à la coupe d’Europe en trois ans

Bertrand Salomon décide alors de donner un grand coup de balai. Il fait appel à Françis Smerecki qu’il associe à Yvon Schmitt dont la connaissance des arcanes guingampais s’avèrera très précieuse. Le duo s’appuie sur une génération exceptionnelle de jeunes joueurs bretons composée de Stéphane Guivarc’h, Claude Michel, Christophe Le Roux, Stéphane Carnot, Nicolas Laspalles, Lionel Rouxel qu’encadrent parfaitement Angelo Hugues, Hubert Fournier, Richard Leconte et Jean-Luc Vinuesa. L’alchimie se fait instantanément. Cette équipe incarne la renaissance des valeurs guingampaises. Le Roudourou déserté un temps, retrouve un public qui s’identifie à cette équipe solidaire, volontaire et talentueuse à l’image de se son trio offensif Guivarch, Rouxel, Carnot. En Avant survole son championnat de National et retrouve la Ligue 2. Avec quasiment la même équipe, Smerecki réussit l’exploit de hisser le club en Division 1 pour la première fois de son histoire. En Avant achève sa superbe saison dans le sillage de l’OM battu au Vélodrome par l’EAG grâce à un but du jeune martiniquais Charly Coridon. Comme un symbole, c’est l’habituel serviteur Coco Michel qui inscrit le but synonyme de D1 face à Toulouse le 27 mai 1995. La foule des supporters est en liesse, l’euphorie a gagné les esprits mais le plus dur commence. Le buteur Stéphane Guivarch quitte les Côtes d’Armor pour Auxerre, les candidatures ne se bousculent pas pour renforcer un effectif que les spécialistes ont déjà condamné avant les trois coups du championnat. Riche de son vécu collectif, En Avant va déjouer tous les pronostics en cette saison 1995-96. Le village d’irréductibles gaulois remporte son premier match parmi l’élite face à Martigues (2-0, Divert et Rouxel) avant d’aller chercher le point du match nul au Parc des Princes face aux stars du PSG. Le train « rouge et noir » est lancé. Pour cette première saison parmi l’élite, En Avant bâtit ses succès en s’appuyant sur une arrière-garde ultra performante. Le gardien Angelo Hugues ne concède que 5 buts lors des 19 rencontres disputées à Roudourou. Renforcée par Xavier Gravelaine en novembre, l’équipe de Smerecki termine à la 10e place (son plus mauvais classement). Une position presque inespérée dix mois auparavant qui permet surtout de participer à la coupe Intertoto. Cerise pour le gâteau, En Avant atteint en cette saison 1995-96, les ½ finales de la coupe de la Ligue, battu par Metz (2-1) après avoir éliminé le PSG, Nantes et Marseille. 

De la Finlande à la Russie

À l’intersaison, Xavier Gravelaine a pris la direction de Marseille, Hubert Fournier, celle de Moechengladbach outre Rhin. Ces départs sont compensés par l’arrivée de l’international polonais Marek Jozwiak. Un dur à cuire qui va former avec l’international roumain Georghe Mihali une charnière aussi intransigeante que dure au mal. En ce début de saison 1996-97, les "Rouge et noir" sont donc invités à disputer la coupe intertoto en guise de matchs de préparation. Antichambre de la coupe de l’UEFA, cette compétition offre aux Guingampais un tour d’Europe improbable qui les promène de la Finlande (Jaro 0-0) à la Georgie (Polti, victoire 3-1). Vainqueurs des Roumains du Dinamo de Bucarest (2-1) et des Serbes de Zemun (1-0) au Roudourou, les "Rouge et Noir" se qualifient pour la 1/2 finale de l’épreuve où ils sont opposés aux Russes du Kamaz Chelny. Battus à l’aller en Russie (0-2), les coéquipiers de Coco Michel renversent complètement la tendance au retour en Bretagne. Eric Assadourian, Stéphane Carnot, Daniel Moreira et Christophe Horlaville inscrivent les quatre buts d’une victoire historique sur la scène européenne (score final 4-0). Un succès acquis de haute lutte qui offre le sésame pour la finale de la coupe intertoto dont le vainqueur se voit qualifié pour la coupe de l’UEFA. En difficulté au match aller en Russie, les Guingampais reviennent battus de Volvograd (2-1) mais en ayant inscrit le fameux but à l’extérieur par Christophe Horlaville, l’exploit est tout à fait envisageable. Dans un stade du Roudourou remonté comme une pendule en cette chaude nuit d’été du 20 août 1996, En Avant sait qu’un succès sur le score de 1-0 le qualifie pour l’UEFA. La rencontre est âpre et indécise jusqu’à la 76e minute et ce corner direct victorieux de Stéphane Carnot qui fait chavirer le stade. La défense résiste jusqu’au bout aux assauts des Russes. En Avant vient d’écrire la première ligne de son palmarès.

Le grand Inter de Milan au Roudourou

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À l’évidence, Smerecki et sa troupe se sont pris au jeu. Entre temps, l’attaquant libérien Christopher Wreh, prêté par Monaco, est venu renforcé le secteur offensif. Trois jours après son arrivée en Bretagne, Wreh joue un sale tour à son ancien club, en inscrivant les deux buts du succès d’En Avant (2-1) sur les stars monégasques que sont Fabien Barthez, Enzo Scifo, Sony Anderson, Thierry Henry ou Emmanuel Petit. Ce succès de prestige intervient juste après l’annonce du tirage au sort du premier tour de la coupe de l’UEFA. Pour ses premiers pas sur la scène européenne, En Avant ne pouvait pas rêver plus belle affiche. C’est le grand Inter de Milan qui foulera la pelouse du Roudourou le 10 septembre pour un match aller qui suscite autant d’engouement que de curiosité. Ce Guingamp-Inter, constitue en quelque sorte un remake footbalistique d’Astérix contre les Romains revisité par les deux coachs Françis Smerecki et Roy Hogdson. Sous l’oeil des caméras de Canal+ et de son duo vedette de commentateurs, Thierry Gilardi et Michel Platini, En Avant bousculent les "Nerazzuri". Les internationaux Djorkaeff, Angloma, Zanetti, Bergomi, Zamorano, Sforza, Ganz, Ince et le gardien Pagliuca savent traverser les tempêtes sans encombre. L’Inter fait parler son froid réalisme à trois reprises (Ganz 24’, Djorkaeff 71’ sp et Sforza 87’). Au micro de Canal, Michel Platini ne peut s’empêcher de lâcher " Guingamp aurait pu s’imposer 3-1 pour s’incliner 3-0". La qualification s’est en volée dès le match aller, reste à disputer un match retour sans enjeu mais pas sans intérêt. Dans la cathédrale de San Siro, les Guingampais obtiennent un match 1-1 grâce à un but de Christopher Wreh (75’), bien servi par Daniel Moreira, qui répond à l’ouverure du score de Branca (8’). L’honneur est sauf, "Guingamp a été à la hauteur de l’évènement" souligne Aimé Jacquet. Cet intermède européen, renforce la confiance du groupe. En Avant obtient un maintien aisé, voit Vincent Candela devenir le premier guingampais à porter à la fois le maillot d’En Avant et celui de l’équipe de France A. Guingamp séduit, se relâche parfois mais devient un adversaire respecté et redouté. La formation de Smerecki possède le profil-type d’une équipe capable de bien figurer en coupe. Cette impression se confirme par le parcours dans l’édition 1996-97 de coupe de France.

25 000 Bretons au Parc des Princes

Fort de son mental à toute épreuve, En Avant entâme son parcours en coupe de France sans complexe. Les joueurs de Smerecki se sortent d’abord du piège tendu par Mont-de-Marsan (1-0 après prolongation en 32e de finale) puis de Wasquehal (3-1, 1/16e) et Caen (1-0, 1/8e ). En quart de finale, Coco Michel et les siens se voient proposer un voyage au Parc des Princes pour y défier Créteil (D2). Devant un public pourtant acquis à sa cause, En Avant piétine mais ouvre le score contre le cours du jeu par Pierre Haon qui marque contre son camp (32’). La réponse cristolienne est cinglante. Calabuig remet les deux équipes à égalité dès la 38e minute. Le score de change plus et il faut avoir recours à la prolongation pour que se dessine le qualifié du jour. Stéphane Carnot (109’) puis Charly Coridon (117’) font pencher la balance en faveur des "Rouge et Noir" (3-1).

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Daniel Moreira lors de la 1/2 finale de la Coupe de France 1997

Pour la première fois de son histoire, l’Armor et l’Argoat accueillera une demi-finale de coupe de France. Le sort a désigné Montpellier comme adversaire. Même si la partie se déroule au Roudourou, le ticket pour le Parc des Princes, est loin d’être oblitéré. Montpellier possède avec Ibrahima Bakayoko un jeune attaquant aussi puissant que talentueux que les grands clubs français convoitent. En ce 19 avril 1997 ensoleillé, le vent a cru bon de s’inviter. Le Roudourou a revêtu sa tenue de gala. Bagayoko est muselé par un Marek Jozwiak des grands jours. L’international Polonais n’a pas son pareil pour élever son niveau lorsque l’événement le commande. La rencontre est âpre, les deux équipes très proches l’une de l’autre. Comme en quart de finale, il faut avoir recours à la prolongation (0-0 au terme des 90 minutes). Il faut toute la malice de Christopher Wreh (1-0, 109’) et le tocuhé de balle soyeux de Stéphane Carnot (120’) pour propulser toute une région sous les feux de la rampe d’une finale de coupe de France au Parc. La mobilisation des supporters est proportionnelle à l’amour qu’ils portent à leur équipe. Par trains, par bus ou voitures individuelles, 10 000 Guingampais débarquent dans la capitale avec le sentiment que cette fameuse coupe de France passera une année aux pieds de la Plomée.

Finale de la coupe de France : Le champagne sans les bulles

Comment pourrait-il en être autrement ? L’adversaire, Nice, a terminé le championnat à la 20e place à 14 points du premier non-relégable. Le bilan famélique des joueurs de Sylvester Takac (5 victoires, 8 nuls, 25 défaites) fait d’En Avant le grandissime favori de cette finale. En ce 10 mai 1997, le Parc des Princes raisonne des chants bretons. La ferveur est exceptionnelle. Est-ce cette ambiance qui déstabilise les Guingampais, la longue attente du protocole auquel participe le président Jacques Chirac ? Ce qui est sûr, c’est que les Guingampais privés de Stéphane Carnot (tout juste rétabli d’une blessure à la cuisse, il entrera en seconde mi-temps), passent complètement à travers du premier acte. Nice ouvre le score par Salimi (21’). A la pause, Françis Smerecki exorte ses joueurs à sortir de leur torpeur, à forcer leur destin. Galvanisés par les propos du coach, les "Rouge et Noir" prennent les choses en main. La pression monte progressivement jusqu’à la 78e minute moment choisi par Nicolas Laspalles pour fusiller Valencony et embraser le Parc. C’est sûr En Avant vient de faire le plus dur. On attend le second but de la délivrance. Coco Michel y est presque. Sur un ballon délivré par Christophe Horlaville, le Rostrenois s’avance face au gardien Niçois, lui glisse le ballon sous les pieds. La coupe est à Guingamp ? Non, en retombant, Bruno Valencony dévie du crampon, le tir de Coco. A cet instant, le chrono du Parc affiche la 89e minute... Comme en quart de finale et en demie, la prolongation est inévitable. Cette fois, les Dieux du foot ont décidé qu’elle ne donnerait rien et que tout se jouerait lors de la séance des tirs au but. Dans cet exercice si particulier, ce sont les nerfs qui commandent le plus souvent. Les Niçois ne se posent pas de question et profitent des échecs de Stéphane Carnot et de Coco Michel pour ramener le trophée sur la promenade des Anglais. Coté Guingampais, la déception est énorme. Le sentiment d’être passé à côté de quelque chose d’unique domine. L’histoire révèlera que le plat peut repasser deux fois...

1997-1998 : La fin de l’ascension

Eté 1997, Guingamp vient de passer un cap après une saison 1996-1997 riche en émotions marquée par une finale de Coupe de France, un long et beau parcours sur la scène européenne et un solide maintien acquis en Division 1.

C’est donc avec un nouveau statut à défendre que les troupes de Francis Smerecki abordent le nouvel exercice qui s’ouvre. Et les choses démarrent plutôt bien. Un premier succès obtenu devant Cannes dans un Roudourou nouvelle configuration lance la machine (3-1). Au soir de la 8ème journée, à la faveur d’un but de Charles-Edouard Coridon et d’une victoire sur Nantes (1-0), les Rouge et Noir parviennent même à se hisser en 4ème position au classement.

Malheureusement, la suite sera moins reluisante. Les départs conjugués durant l’intersaison de joueurs cadres tels que Christopher Wreh ou Stéphane Carnot commencent à se faire ressentir et les résultats de l’équipe en pâtissent. L’un des tournants de la saison a lieu le 8 octobre 1997 au Parc des Princes, pour le compte de la 11ème journée. Si à la mi-temps Guingamp mène par 2 buts à 1 grâce à un doublé de Lionel Rouxel, l’essentiel est ailleurs. Francis Smerecki a eu en effet à déplorer la perte sur blessure de Charles-Edouard Coridon, victime d’un vilain tacle de Paul Le Guen. Déjà sur une pente descendante depuis quelques semaines, les Rouge et Noir ne se remettront jamais de la perte de l’un de leurs maîtres à jouer.

Les rencontres s’enchaînent et le constat est sans appel. Après une terrible série de 23 matchs au cours de laquelle ils ne remportent que 3 victoires, c’est en position de relégable que les guingampais se déplacent à Rennes lors de la 32ème journée pour tenter de décrocher leur maintien parmi l’élite. Une victoire acquise de haute lutte grâce à des buts de Gheorghe Mihali et Lionel Rouxel et l’espoir renaît (2-1). La rechute sera d’autant plus difficile à encaisser. Une semaine plus tard, dans un Roudourou archi-comble, la réception du Havre doit permettre à Guingamp de décrocher son maintien. Hélas, face à l’une des équipes en forme de cette seconde partie de saison, les Rouge et Noir ne prennent pas la rencontre par le bon bout. Si Daniel Moreira permet à Guingamp d’obtenir une égalisation méritée peu avant la mi-temps, la frappe de Cyrille Pouget entre les jambes de Ronald Thomas en toute fin de rencontre est un véritable coup de poignard qui vient anéantir les derniers espoirs de maintien (1-2).

A l’entame de la dernière journée de D1 et d’un ultime déplacement à Cannes, les guingampais n’ont plus leur destin en main. Ainsi, malgré une nette victoire sur la Croisette grâce à un doublé de Daniel Moreira et un but de Abdelhafid Tasfaout (3-1), les victoires conjuguées de Strasbourg face à Montpellier (3-0) et de Rennes face à Toulouse (1-0) renvoient les hommes de Francis Smerecki en Division 2.

1998-1999 : Changement de cap !

Après trois années de première division, retour en D2. Cela n’empêche pas le club de maintenir des ambitions élevées. Preuve en est, en plus de confirmer Francis Smerecki au poste d’entraîneur, Bertrand Salomon réalise un gros coup sur le marché des transferts en faisant venir Jean-Pierre Papin. Le Ballon d’Or 1991 adopte un état d’esprit similaire et déclare dès son arrivée : « le seul trophée qu’il me manque, c’est le championnat de D2. Je l’aurai avec Guingamp ! ». Hélas, la réalité sera toute autre. La mayonnaise ne prend pas et peu à peu, la crise s’installe. Après 10 matchs joués et 3 buts marqués, JPP quitte le navire en pleine tempête. Il sera suivi par des historiques de la maison Rouge et Noir, le défenseur Gheorghe Mihali et le président Bertrand Salomon. Le navire guingampais tangue et coule lentement mais sûrement vers le National, bien loin des ambitions initiales.

Au soir d’une défaite à domicile face à Châteauroux en février 1999 (1-4), Guingamp est 15ème de D2, à 3 points de la zone rouge. Alain Aubert, fraîchement élu à la présidence du club décide de réagir et remplace Francis Smerecki par Guy Lacombe. Les effets de ce changement se font immédiatement ressentir. Désormais emmené par un trident offensif Fabrice Fiorèse – Samuel Michel – Abdelhafid Tasfaout, En Avant relève la tête et termine brillamment l’exercice en décrochant une 7ème place au classement. La machine est relancée.

1999-2000 : Le début d’une nouvelle aventure

La machine est relancée mais connaît un certain retard à l’allumage. Malgré les arrivées du gardien Eric Loussouarn, du défenseur expérimenté Laurent Guyot, du prometteur milieu de terrain David Hellebuyck et du puissant attaquant néerlandais Edwin Van Ankeren, Guingamp ne trouve pas la bonne carburation.

La saison démarre pourtant par deux matchs à domicile. Le premier offre un scénario incroyable au public du Roudourou. Mené 2 à 0 à la mi-temps, Amiens trouve les ressources nécessaires pour marquer à trois reprises en trois minutes et ainsi inverser la tendance (2-3). Guingamp a l’occasion d’effacer cette déconvenue une semaine plus tard. Malheureusement, sous des trombes d’eau, c’est le promu cristolien qui vient prendre trois points dans les Côtes d’Armor (0-2).

Deux matchs à domicile, deux défaites, l’entame est manquée. Mais Coco Michel et ses coéquipiers ne baissent pas les bras et parviennent rapidement à relever la tête. La victoire obtenue sur la pelouse de Laval lors de la 3ème journée (2-0) lance une formidable série d’invincibilité qui s’achèvera par une défaite concédée à domicile face à Sochaux en décembre (1-2). Entre temps, les guingampais sont montés sur le podium et ont déployé un jeu offensif très attractif, autour du redoutable duo Samuel Michel – Fabrice Fiorèse.

Dès lors, malgré un début d’année 2000 difficile et marqué par une élimination en Coupe de France sur la pelouse de Pontivy (0-1), les guingampais ne sont plus décidés à lâcher leur place dans le trio de tête. Après une victoire sur la pelouse de Lorient lors de la 34ème journée (2-0), il ne manque plus qu’un point aux Rouge et Noir pour retrouver la première division. La possibilité de fêter la montée à domicile est réelle avec la réception de Gueugnon qui se profile. Malheureusement, dans un Roudourou bondé pour l’évènement, le récent vainqueur de la Coupe de la Ligue vient gâcher la fête (0-2). C’est donc finalement au stade Bonal de Sochaux, le vendredi 5 mai 2000, à la faveur d’un match nul sur la pelouse d’un autre prétendant à la montée, que les guingampais valident pour la seconde fois de leur histoire leur billet pour la D1 (1-1).

2000-2001 : Guingamp retrouve la D1

Deux ans après l’avoir quittée, Guingamp retrouve la Division 1. Avec plus de certitudes du fait de son récent vécu et de ses infrastructures nouvelles, mais toujours dans la peau du petit poucet. Guy Lacombe mise sur l’expérience de ses recrues pour décrocher le maintien, unique objectif du club. A ce titre, Hubert Fournier fait son grand retour dans l’arrière-garde guingampaise. Il est notamment accompagné de l’ancien buteur du FC Metz, Bruno Rodriguez qui débarque en prêt. Un pari est également tenté avec la venue du très prometteur Florent Malouda en provenance de Châteauroux.

Malgré toutes ces belles déclarations d’intention, la saison démarre timidement. Après une bonne entame et un match nul obtenu à domicile devant Saint-Etienne (2-2), Guingamp cale et encaisse une série de quatre défaites consécutives. Dernier au soir de la 5ème journée, il ne manque pourtant pas grand-chose à En Avant pour faire pencher la balance du bon côté. Le déclic, s’il en fallait un, se nomme Stéphane Carnot. Arrivé en toute fin de mercato en provenance d’Auxerre, il se signale par un doublé pour son grand retour au Roudourou lors d’une victoire déterminante face à Toulouse (2-1). S’ensuit une formidable série de 5 victoires et 2 nuls qui permet aux hommes de Guy Lacombe de se placer au pied du podium au soir d’une victoire dans le derby à Rennes lors de la 13ème journée (2-1). Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est une place de leader qui est en jeu lorsque Guingamp accueille Sedan une semaine plus tard. Malheureusement, les Rouge et Noir tombent sur plus fort qu’eux et s’inclinent nettement (0-3). Le public du Roudourou se montre beau joueur et réserve une véritable ovation à son adversaire du jour.

Au moment de la trêve hivernale, un premier constat s’impose. Malgré un départ difficile, le bilan est plus que satisfaisant puisqu’en En Avant pointe en 6ème position au classement. Le maintien est proche et tous les espoirs sont permis.

Le premier semestre de l’année 2001 est celui des paradoxes pour En Avant. Performants à l’extérieur avec notamment des victoires décrochées sur les pelouses du Paris SG (3-1) puis de Strasbourg (1-0), les guingampais se révèlent en revanche incapables de s’imposer devant leur public. Peu importe, en cette fin de saison 2000-2001, avec une dixième place décrochée au classement, l’objectif initial du maintien est largement atteint.

2001-2002 : Le maintien au bout du suspense

Après avoir solidement acquis leur maintien en Division 1, les Rouge et Noir entament leur deuxième saison consécutive parmi l’élite. Guy Lacombe opte pour le recrutement de joueurs d’expérience. Ainsi, En Avant accueille un revenant Champion du monde en la personne de Stéphane Guivarc’h. Débarquent également sur les bords du Trieux, Cédric Bardon en provenance de Rennes et Hakim Saci du Red Star.

La deuxième saison est souvent considérée comme la plus difficile à gérer pour un promu. Premier avertissement pour En Avant lors de la première journée avec une lourde défaite concédée sur la pelouse de Troyes (0-3). Eclaircie dans une sombre entame, les guingampais décrochent leur première victoire à domicile en 2001 en toute fin de match face à Bastia, sur un but de Cédric Bardon (1-0). Cette entame donne le ton de ce qui attend les guingampais. Souvent bousculés à l’extérieur, les Rouge et Noir réussissent cependant à garder la tête hors de l’eau grâce à de bons résultats au Roudourou et notamment des victoires face à Nantes (1-0), Marseille (1-0), Monaco (2-1) ou Lens (1-0). L’année 2002 démarre quant à elle par une terrible série de quatre défaites qui plonge les guingampais aux portes de la zone rouge. C’est dans ce contexte que Guy Lacombe doit déplorer le départ de Fabrice Fiorèse, auteur de 37 buts en 3 saisons et demi à la tête de l’attaque d’En Avant. Il est remplacé par l’arrivée d’un illustre inconnu en provenance du Mans, Didier Drogba. Ce dernier se signale d’entrée par un but inscrit sur la pelouse de Metz et synonyme de première victoire de la saison à l’extérieur pour En Avant (4-2). L’équilibre de l’équipe demeure toutefois fragile et il faut des victoires obtenues de haute lutte face à Lorient (4-3) puis Bordeaux (2-1) pour que les joueurs de Guy Lacombe parviennent à rester en course dans la lutte pour le maintien.

Finalement, tout se jouera lors de la 34ème et dernière journée de Division 1. En bas de tableau, Guingamp accueille Troyes et Metz reçoit Lorient. Les cas de figure sont simples : Metz sauve sa place en D1 s’il bat Lorient. Guingamp, de son côté, doit battre Troyes et espérer un faux-pas de Metz. La suite est connue, En Avant s’impose sur un but de Carnot à l’entame du dernier quart d’heure (1-0) pendant que Metz et Lorient se neutralisent à Saint-Symphorien (1-1). Le maintien en poche, la fête qui s’ensuit au Roudourou est à la hauteur du soulagement du peuple guingampais.

2002-2003 : Des étoiles plein les yeux

La saison 2002-2003 commence par de grands bouleversements. A la présidence du club, Noël Le Graët remplace Alain Aubert. Côté staff technique, après avoir réussi à maintenir l’équipe en D1, Guy Lacombe part pour Sochaux et est remplacé par Bertrand Marchand. De nouveaux joueurs arrivent, parmi lesquels Nestor Fabbri, Christophe Le Roux ou encore Ronan Le Crom.

La saison de la désormais Ligue 1 démarre par la réception du champion de France en titre, l’Olympique Lyonnais. Guingamp joue haut, Guingamp joue bien mais à l’entame du temps additionnel, Guingamp est mené 3 buts à 1 à domicile. Peu importe, les partenaires de Coco Michel ont de la ressource et vont rapidement le prouver. Après une réduction du score de Bardon à la 88ème minute, Drogba égalise au bout des arrêts de jeu et embrase le Roudourou (3-3, 90’). 

Ce match nul qui ressemble à s’y méprendre à une victoire lance la saison des Rouge et Noir. Après un premier succès obtenu une semaine plus tard à Furiani face à Ajaccio (2-0), vient le premier derby de la saison à domicile face à Rennes. Ce 17 août 2002, les 17 522 spectateurs du stade de Roudourou assistent à du très grand spectacle. Après une ouverture du score signée Florent Malouda (34’), Christophe Le Roux ajuste l’immense Petr Cech d’un magnifique lob depuis l’extérieur de la surface (64’). Un dernier but de Malouda en fin de rencontre et le Roudourou peut fêter ses héros (87’). Après 3 matchs, 7 points au compteur, 8 buts inscrits et 3 encaissés, Guingamp est pour la première fois de son histoire en tête de la Ligue 1.

Les journées passent, le beau jeu demeure. Les partenaires de Coco Michel prennent du plaisir sur le terrain et engrangent les points. Après de belles victoires obtenues à Bastia (2-0), Troyes (2-0), Lens (3-1) ou face à Nantes (2-0) et Sochaux (2-0), Guingamp fête ses 90 ans à domicile face à Ajaccio. En ce dernier match de l’année 2002, En Avant s’offre un beau cadeau d’anniversaire en s’imposant 3 buts à 1 grâce à Cédric Bardon et un doublé de l’intenable Didier Drogba. Les Rouge et Noir sont alors troisièmes au classement à un point du leader marseillais.

Malheureusement, la reprise est plus compliquée. En Avant aligne une triste série de 6 défaites consécutives en championnat et tombe en 12ème position. Mais les guingampais l’ont déjà prouvé, ils ont des ressources morales assez exceptionnelles. La réception du Paris SG apparaît comme étant idéale pour réagir et démarrer une nouvelle série. Pourtant, le scénario commence mal pour les Rouge et Noir. Un slalom magistral de Ronaldinho (20’) puis un second but de Leroy (54’) donnent deux buts d’avance aux parisiens. Mais devant les 15 616 spectateurs présents pour l’occasion, les hommes de Bertrand Marchand n’abdiquent pas. Une tête d’Auriol Guillaume (61’) puis un doublé de Didier Drogba (68’ et 89’) leur offrent un succès mérité qui relance la machine.

La fin de saison devient alors une ode au football offensif et un régal pour les supporters guingampais. Une formidable série de 8 victoires et un match nul vient effectivement clôturer l’exercice 2002-03 des partenaires de Coco Michel. Tour à tour, ce sont Lille (1-0), Troyes (2-0), Marseille (0-2), Bastia (3-0), Lens (1-0), Nantes (0-4), Monaco (3-1) puis enfin Lyon (1-4) qui sont terrassés par la formidable armada offensive menée par le trident Stéphane Carnot – Florent Malouda – Didier Drogba.

Cette saison 2002-2003 restera en tous points exceptionnelle pour En Avant. Septièmes au classement, à 6 points du leader lyonnais et à 3 points d’une qualification en Ligue des Champions, les guingampais ont signé le meilleur classement en Ligue 1 de leur histoire.

Au rayon des statistiques, Didier Drogba réalise la performance d’inscrire 17 buts en 34 matchs. L’attaquant ivoirien n’est cependant pas le seul à s’être distingué. Stéphane Carnot et Florent Malouda, avec 10 réalisations chacun ont également marqué la saison de leur empreinte.

2003-2004 : Plus dure sera la chute...

La saison 2002-2003 a été exceptionnelle. C’est donc en toute logique que les pépites guingampaises sont courtisées sur le marché des transferts. Ainsi, Didier Drogba s’en va à Marseille pendant que Florent Malouda s’apprête à empiler les trophées en rejoignant Lyon. Nestor Fabbri décide également d’arrêter l’aventure après une année de bons et loyaux services sous la tunique Rouge et Noir. Qualifié en Coupe Intertoto, Guingamp conserve son pouvoir d’attraction. De nombreuses recrues débarquent sur les bords du Trieux, parmi lesquelles Nicolas Goussé, Nicolas Laspalles, l’international suisse Ricardo Cabanas, le prometteur Moumouni Dagano ou encore le défenseur argentin Fabrizio Fuentes.

Malheureusement, Guingamp ne parvient pas à enchaîner sur son excellente fin de saison précédente. Les coéquipiers de Coco Michel sont d’ailleurs immédiatement éliminés de la Coupe Intertoto par l’équipe tchèque de Brno (2-1, 2-4).

La mayonnaise tarde à prendre et la réussite fuit les joueurs de Bertrand Marchand. Lors de l’ouverture de la saison de Ligue 1, le néo-marseillais Didier Drogba et ses coéquipiers viennent s’imposer au Roudourou devant 18 002 spectateurs sur un but de Bakayoko en toute fin de rencontre (0-1, 89’).

La suite n’est guère plus reluisante puisque deux nouvelles défaites à Strasbourg (2-0) puis devant Bordeaux (1-3) placent immédiatement les guingampais en fâcheuse posture au classement. Après un premier point arraché à Rennes (0-0), la première victoire face au champion de France en titre lyonnais semble devoir enfin lancer la saison (2-0). Malheureusement, malgré l’arrivée en toute fin de mercato de Jérôme Leroy, En Avant replonge rapidement. Une série de quatre défaites et un nul et les guingampais se retrouvent 19èmes après 10 journées avec 5 petits points au compteur.

La suite de la saison est marquée par une irrégularité chronique et l’incapacité de l’équipe à enchaîner les bons résultats. Au soir de la 19ème journée, après une nouvelle défaite subie sur la pelouse du stade du Ray de Nice, Guingamp est 19ème à 2 points du premier non relégable.

En difficulté en championnat, les joueurs de Bertrand Marchand le sont tout autant dans les coupes nationales. Malgré un triplé de Moumouni Dagano et suite à un scénario assez incroyable, En Avant se fait sortir de la Coupe de France dès son entrée en lice par Bayonne, équipe de CFA (4-4, 5 tab à 3). En Coupe de la Ligue, les Rouge et Noir sont également éliminés dès les 16èmes de finale à Metz (3-0).

Afin de redresser la barre, de nouveaux visages font leur apparition dans l’effectif : Nisa Saveljic en provenance de Bastia, Souleymane Camara en prêt de Monaco et Harlington Shereni de Istres arrivent avec un seul objectif à l’esprit, le maintien ! Dans le sens inverse, Ricardo Cabanas et Fabrizio Fuentes s’en vont vers de nouveaux cieux.

L’opération maintien est donc lancée. Si les résultats obtenus en déplacement demeurent insuffisants, en revanche, à domicile, les guingampais parviennent à engranger des points. Bastia (1-0), Montpellier (4-3), Lille (2-1) ou Lens (1-0) sont ainsi victimes du sursaut d’orgueil des Rouge et Noir. Malheureusement, les hommes de Bertrand Marchand éprouvent toutes les peines du monde à s’extraire des eaux tourmentées de la Ligue 1. Au soir de la 34ème journée, Guingamp est 16ème avec 4 points d’avance sur le premier relégable. Une défaite à domicile face au Mans et c’est tout un peuple qui se remet à trembler (2-4). La course au maintien qui semblait bien engagée est relancée. Le match nul obtenu sur la pelouse de Nantes la semaine suivante ne suffira pas (0-0). Pour se maintenir en L1 et assurer l’essentiel, il va falloir se défaire de Nice à Roudourou. Le scénario démarre plutôt bien puisque Moumouni Dagano ouvre le score (25’) avant de manquer un pénalty. En Avant a laissé passer sa chance. Les niçois ne font pas de sentiment et marquent deux fois en fin de match (1-2). Malgré cette défaite les guingampais gardent encore la tête hors de l’eau. Il faudra toutefois ramener un bon résultat de Marseille pour se maintenir. Hélas, face aux coéquipiers de Didier Drogba, les espoirs de maintien s’envolent vite. Un doublé de Marlet (14’, 43’) avant la mi-temps et le destin des coéquipiers de Coco Michel est scellé (2-1). Les larmes d’Alaeddine Yahia et de Farid Talhaoui n’y changeront rien. Après quatre saisons parmi l’élite, Guingamp est relégué en Ligue 2.

2004-2005 : Difficile retour en Ligue 2

Quatre ans après l’avoir quittée, Guingamp retrouve la Ligue 2. Bertrand Marchand remercié, c’est à Yvon Pouliquen qu’est confiée la mission de retrouver au plus vite une place parmi l’élite du football français. En Avant se donne les moyens de ses ambitions et le recrutement laisse entrevoir des lendemains qui chantent : Thierry Debès (Grenoble), Bertrand Robert (Montpellier) ou Cédric Fauré (Toulouse) sont les premiers à débarquer dans un effectif qui a su conserver quelques uns de ses cadres de la saison précédente. En ce début de saison, Guingamp est donc l’équipe à battre. Mais Guingamp n’assume pas son statut et enchaîne les contre-performances. Une défaite dès l’entame à Grenoble (4-2) donne le ton. La suite ne sera guère plus reluisante. Une défaite à domicile face au revenant brestois (1-2) suivie d’une nouvelle déconvenue à Sedan (3-0) et voilà déjà les Rouge et Noir en mauvaise posture. Postulant crédible et déclaré à la Ligue 1, Guingamp va devoir se battre pour sauver sa place en Ligue 2. De nouveaux visages débarquent durant le mois d’août sur les bords du Trieux. Le récent vainqueur de la Coupe de la Ligue Maxence Flachez (Sochaux), Fabrice Abriel (Amiens), Alioune Touré (Paris SG), Cédric Carrasso (Marseille) et Damien Bridonneau (Saint-Etienne) viennent renforcer les troupes d’Yvon Pouliquen. La machine se met peu à peu en ordre de marche. Bien que relancé, En Avant se distingue toutefois par son incapacité à enchaîner les bons résultats. Meilleure équipe à domicile avec 15 victoires, les Rouge et Noir se révèlent en revanche incapables de s’imposer en déplacement. Au soir de la dernière journée et d’une ultime victoire à domicile face à Grenoble (3-1), c’est donc une 7ème position au classement qui vient sanctionner le parcours contrasté des guingampais. Mais en ce vendredi 27 mai 2005, l’essentiel est ailleurs. Après 386 matchs de championnat sous les couleurs d’En Avant, Coco Michel tire sa révérence. L’occasion est belle pour les 15 597 spectateurs du Roudourou de lui rendre un vibrant hommage.

2005-2006 : Le temps des illusions déçues

Après une saison qui lui aura permis de prendre la mesure du championnat de Ligue 2, Guingamp maintient des ambitions élevées en ce début de saison 2005-2006. Si Moumouni Dagano, Cédric Fauré, Christophe Le Roux ou Cédric Carrasso sont partis, des joueurs de qualité rompus aux joutes de la deuxième division les ont remplacés, parmi lesquels David Suarez (Toulouse), Cyrille Watier (Caen) ou encore Richard Martini et Terry Racon (Lorient).

Sur la lancée de sa montée en puissance de la saison passée, Guingamp affiche dès l’entame une solide qualité de jeu. Mais les Rouge et Noir ne sont pas récompensés de leurs efforts. Tour à tour, Sedan (1-1) puis Lorient (1-1) viennent arracher un point au Roudourou. En Avant joue plutôt bien mais ne parvient pas à concrétiser ses occasions. Peu à peu le doute s’installe et les résultats s’en ressentent. Avec une seule victoire enregistrée en 8 journées, Yvon Pouliquen est rapidement remercié. Jacques Cadran assure l’interim lors de la réception de Bastia (0-1) avant de laisser la place sur le banc à Alain Ravera. Au soir de la 15ème journée et d’une nouvelle défaite à domicile face à Valenciennes (0-2), Guingamp est 20ème avec 11 unités au compteur. Mais les Rouge et Noir ont des ressources et ne vont pas tarder à le prouver. Amiens (0-2), Clermont (3-1), Sète (1-2) puis Istres (2-0) font les frais de leur réveil.

En Avant profite du mercato d’hiver pour renforcer sa ligne d’attaque avec les venues de Mohamed Kader-Touré et de Jeremias Caggiano. L’attaquant argentin ne tarde pas à faire valoir son sens du but et inscrit 4 buts en 6 matchs, permettant ainsi aux guingampais de réaliser une spectaculaire remontée au classement. Le maintien est assez rapidement assuré et permet aux joueurs d’Alain Ravera de se libérer. Point d’orgue de cette fin de saison, une victoire 6 à 0 face à Amiens lors de la 34ème journée. En Avant termine la saison en 9ème place au classement.

Saison 2006-2007 : En Avant joue avec le feu

Après deux saisons aux résultats mitigés, Guingamp repart sur de nouvelles bases à l’été 2006. Alain Ravera est remplacé par Patrick Remy. Au rayon des transferts, l’effectif est assez peu renouvelé. Tout juste note-t-on les départs conjugués de Johnny Ecker, de Damien Bridonneau ou de Fabrice Abriel, compensés notamment par les arrivées de Yohan Eudeline et de Patrick Leugueun.

A l’instar des saisons précédentes, Guingamp peine à se lancer et à trouver la bonne carburation. Malgré une victoire éclatante sur Gueugnon lors de la 6ème journée (6-1), les Rouge et Noir sont au plus mal. Avec seulement 3 victoires enregistrées à mi-saison, les hommes de Patrick Remy pointent en effet en 19ème place au classement à Noël.

Le mois de janvier permet d’injecter du sang neuf à un collectif en mal de confiance et de résultats. Les arrivées de Christophe Meslin et du brésilien Eduardo donnent immédiatement un second souffle à l’équipe. En Avant joue mieux, va mieux et enchaîne désormais les victoires. Avec 8 succès, 3 nuls et 3 défaites lors des 14 derniers matchs de la saison, En Avant termine en boulet de canon et assure l’essentiel en arrachant une 13ème place au classement.

Saison 2007-08 : Le maintien sans trembler

C’est devenu une habitude, depuis son retour en Ligue 2 à l’été 2004, Guingamp rate son entame. Malgré le recrutement de joueurs d’expérience tels que Stéphane Trévisan, Yves Deroff ou Nicolas Savinaud, ce début de saison 2007-08 ne déroge malheureusement pas à la règle.

Les victoires à domicile face à Boulogne/Mer (4-2) puis Amiens (1-0) n’y changent rien, Guingamp ne décolle pas et se retrouve une fois de plus englué dans le bas de tableau. Au soir de la 10ème journée et d’une défaite concédée à Reims (3-2), Patrick Remy est remercié et remplacé par Victor Zvunka.

Les Rouge et Noir redressent progressivement la barre. Kader-Touré profite d’un déplacement à Gueugnon pour inscrire le 1000ème but d’En Avant en deuxième division et offrir une précieuse victoire aux siens (0-1). Guingamp affiche désormais une certaine solidité défensive et réussit quelques bons coups à l’extérieur, notamment à Niort (1-3), Boulogne/Mer (0-2) ou Bastia (0-1). Emmené par un Eduardo en confiance (10 buts au total), l’équipe navigue sereinement en milieu de classement et le maintien est rapidement assuré. La saison se conclut d’ailleurs par un feu d’artifice face à Troyes (5-0) et une 12ème place au classement.

 Saison 2008-09 : Guingamp remporte la Coupe de France !

4 matches, 4 défaites. La saison 2008-09 ne pouvait plus mal démarrer. En plein cœur de cette crise de résultats, le recrutement s’accélère : Lionel Mathis, Badara Sène, Christian Bassila, Wilson Oruma et Gilson Silva viennent donner de la consistance à l’équipe durant le mois d’août. Malgré ce temps de retard à l’allumage, le navire guingampais ne coule pas. Au contraire, à la faveur de victoires obtenues face à Clermont (2-1), Nîmes (1-0), Tours (3-1) ou Strasbourg (0-2), il parvient à refaire surface et à se hisser hors de la zone rouge avant la trêve hivernale. La reprise permet de confirmer ce regain de forme. Grâce à une bonne série de 4 victoires en 6 matchs, En Avant parvient à basculer dans la première partie du classement. Les partenaires de Christian Bassila termineront la saison en 13ème position au classement. Le maintien en bonne voie, le podium étant hors d’atteinte, priorité est donnée aux coupes nationales ! Ca ne sera pas la Coupe de la Ligue. Brillants vainqueurs de St-Etienne en 16èmes de finale (L1, 4-1), les Rouge et Noir ont en effet été éliminés avec les honneurs au tour suivant par les Girondins de Bordeaux, futurs champions de France de L1 (4-2).

Ce sera donc la Coupe de France. Au 7ème tour, Dinard (DSR) est écarté au Roudourou grâce notamment à un quadruplé de Nicolas Haquin (5-0). La belle aventure commence. Elle est tout près d’être interrompue au tour suivant lorsque La Vitréenne (CFA) pousse les hommes de Victor Zvunka jusqu’aux tirs au but (1-1, 4 tab à 1). Dans le brouillard du nord, Guingamp passe ensuite l’obstacle Saint-Omer (DH) avec un doublé de Rivière (1-3). La route commence à se dégager mais le Stade de France est encore loin. Les 16èmes de finale offrent un premier derby à En Avant. Malgré une coupure de courant et une prolongation, les Rouge et Noir viennent à bout de Brest (L2) grâce à Richard Soumah et Badara Sène (2-0). En 8ème de finale, suite à une prestation aboutie, Guingamp dispose cette fois du Mans (L1) en fin de match, sur un but de Bako Koné (1-0). 

Le tirage au sort des quarts de finale offre à En Avant un déplacement sur la pelouse de Sedan (L2). La rencontre démarre mal puisque les hommes de Victor Zvunka sont rapidement menés au score (1-0, 17’). Mais les guingampais ont des ressources et du caractère. L’égalisation d’Eduardo sur un coup franc de Wilson Oruma donne le ton (1-1, 38’). L’expulsion de Bako Koné en seconde période ne perturbe en rien la détermination des guingampais qui prennent l’avantage par l’intenable Wilson Oruma (63’) avant de faire le break suite à un formidable rush de Eduardo (75’). Guingamp s’impose brillamment 3-1 et rejoint le dernier carré de la Coupe de France.

11 ans après une défaite au Parc (1-0), En Avant est donc de nouveau en demi-finale. Le défi est de taille puisqu’il va falloir se déplacer à Toulouse. Emmenée par un André-Pierre Gignac en grande forme (24 buts en L1), l’équipe entraînée par Alain Casanova est au pied du podium de Ligue 1 et ne s’est alors pas (encore) inclinée au Stadium !

Faisant fi de tous les pronostics, les partenaires de Lionel Mathis sont ce soir-là au sommet de leur art. Eduardo ouvre rapidement le score de la tête suite à une touche de Felipe Saad (0-1, 28’). La suite est une belle démonstration et il s’en faut de peu pour que Gilson Silva ne double la mise avant la pause (45’).

Les expulsions consécutives de Richard Soumah puis de Victor Zvunka, ou encore l’égalisation de André-Pierre Gignac (1-1, 74’) ne changent en rien la mainmise guingampaise sur la rencontre. Le suspense est énorme, l’intensité du match également. Eduardo pense donner la victoire aux siens mais son lob subtil sur Cédric Carrasso échoue sur la barre transversale (84’). Guingamp croit avoir laissé passer sa chance, la prolongation semble inévitable. Il ne reste plus que quelques instants à jouer lorsque sur coup franc, Wilson Oruma dépose le ballon sur la hanche de Badara Sène qui marque (1-2, 90’+1’).

Grâce à une prestation haut de gamme et malgré un arbitrage pour le moins curieux de Monsieur Poulat, les guingampais découvriront le Stade de France !

Samedi 9 mai 2009, l’enceinte francilienne résonne du son des bagadoù. Guingamp affronte Rennes (L1) pour un inédit derby breton en finale de la 91ème édition de la Coupe de France. Devant les 80 056 spectateurs présents, En Avant ne part pas favori.

La première mi-temps est équilibrée. La barre trouvée par Jérôme Leroy (40’) répond à la superbe reprise de volée de Richard Soumah sur un centre de Wilson Oruma (29’). Le retour des vestiaires est plus délicat à gérer pour les guingampais. Rennes accélère et se montre de plus en plus entreprenant. En guise d’avertissement, Moussa Sow frappe une nouvelle fois la barre transversale de Guillaume Gauclin (52’). C’est donc assez logiquement que Carlos Bocanegra ouvre le score de la tête (1-0, 70’).

Les guingampais n’ont toutefois pas le temps de tergiverser. Suite à une longue balle de Felipe Saad et à une erreur d’appréciation de Petter Hansson, Eduardo se trouve à point nommé pour égaliser (1-1, 72’). L’espoir a changé de camp. En Avant a pris l’ascendant et parvient à concrétiser son emprise sur le match grâce à un doublé d’Eduardo, idéalement décalé par Lionel Mathis (1-2, 83’). La tribune Sud du Stade de France peut exploser de joie.

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En Avant remporte la Coupe de France 2009

50 ans après Le Havre, Guingamp réalise l’exploit de remporter la Coupe de France. Le lendemain, ce sont près de 18 000 personnes en liesse qui fêtent leurs héros au Roudourou.

Saison 2009-2010 : Le revers de la médaille

Auréolé de sa victoire en Coupe de France, Guingamp démarre sa saison par un prestigieux déplacement à Montréal (Canada), en vue d’y disputer le Trophée des Champions. Face à Bordeaux, récent Champion de France de Ligue 1, les Rouge et Noir ne parviennent pas à créer la surprise (0-2) et tombent avec les honneurs sur des buts de Fernando Cavenaghi (38’) et de Fernando (90’+1’).

En revanche, une fois n’est pas coutume, et ce malgré les départs de héros de l’épopée en Coupe de France tels Eduardo ou Wilson Oruma, Guingamp entame parfaitement sa campagne de Ligue 2. Deux victoires face à Ajaccio (0-1) puis devant Vannes (4-1), entrecoupées par des matchs nuls face à Angers (0-0) puis Istres (0-0) et voici les guingampais installés en haut de tableau.

La saison démarre donc plutôt bien. Cerise sur le gâteau, en tant que vainqueur de la Coupe de France 2009, En Avant est qualifié pour le tour préliminaire de la toute récente Europa League. Après avoir défié l’Inter de Milan en 1996, le tirage au sort lui offre cette fois Hambourg SV. Avec 6 titres de Champion d’Allemagne, 3 coupes nationales et une Coupe d’Europe des Clubs Champions (1983), c’est un ogre qui se retrouve sur la route des joueurs de Victor Zvunka. Une fois de plus, Guingamp endosse l’habit du petit poucet et se lance sans complexe dans la compétition. Malheureusement, le défi est trop relevé et les Rouge et Noir quittent prématurément la scène européenne (1-5, 1-3).

Retour à la (dure) réalité du championnat par une série de 9 matchs sans victoire. Le constat est amer. Après avoir tutoyé le gratin européen, Guingamp est relégable. 3 victoires consécutives obtenues à Nantes (0-2), contre Arles-Avignon (4-1) et à Châteauroux (0-1) et la machine paraît relancée. Malheureusement, les hommes de Victor Zvunka ont toujours autant de mal à s’imposer et accumulent les partages de points. Une terrible série de 12 matchs sans succès les installe dans la zone rouge. La prise de conscience de la gravité de la situation est réelle. Les Rouge et Noir réagissent et parviennent à s’extraire de la zone rouge à la faveur de succès devant Metz (2-1) puis Nantes (2-0). A cinq journées de la fin, Guingamp a même l’occasion de faire un grand pas vers le maintien en recevant Châteauroux, un concurrent direct. En bon capitaine, Lionel Mathis montre la marche à suivre en ouvrant le score en toute fin de match (86’). Mais l’égalisation castelroussine quelques instants plus tard est un coup de poignard qui relance la course au maintien (89’).

Les joueurs de Victor Zvunka demeurent malgré tout maîtres de leur destin. Ils ne le sont plus après une nouvelle défaite concédée à Sedan (1-0). La lutte en bas de tableau est féroce. La victoire contre Strasbourg (2-0) ne permet pas aux Rouge et Noir de s’extirper de la zone rouge mais seulement de continuer à espérer. Il reste deux journées de championnat à disputer. Guingamp est 19ème à 1 petit point de Châteauroux, 16ème. Le calendrier est compliqué puisqu’il va falloir se déplacer à Clermont qui peut encore espérer terminer sur le podium. La rencontre démarre plutôt bien et à la mi-temps, En Avant mène 1 à 0 grâce à un pénalty de Fabrice Colleau (40’). Hélas, réduit à 9, En Avant se fait rejoindre puis dépasser et concède une défaite qui coûte cher (3-1).

Tout se jouera donc lors de l’ultime journée et de la réception d’Ajaccio au Roudourou. Avant-derniers au coup d’envoi, les guingampais doivent compter sur des résultats favorables sur les autres terrains pour se maintenir. Les buts signés Muri Ogunbiyi (13’) et Leyti N’Diaye (43’) contre son camp ne suffisent pas (2-1). Malgré un total de 43 points, les succès de Vannes à Metz (0-1) et de Châteauroux devant Strasbourg (2-1) envoient En Avant en National.

 

Saison 2010-11 : Du spectacle, du jeu et un retour en Ligue 2 !

 

Descente en National oblige, l’été 2010 est celui des grandes manœuvres à Guingamp. A la tête du groupe professionnel, Victor Zvunka est remplacé par Jocelyn Gourvennec. L’effectif est assez profondément remanié avec les départs de Guillaume Gauclin, Yves Deroff, Felipe Saad ou Richard Soumah. L’objectif est clairement avoué, il s’agit de retrouver la Ligue 2 au plus vite.

La saison démarre plutôt bien. En Avant réapprivoise une division qu’il n’a pas connu depuis 1993. Les partenaires de Mamadou Samassa font preuve de solidité défensive et ne concèdent aucun but lors de leurs 5 premières rencontres. Match après match, le groupe prend confiance et, en plus de devenir une machine à gagner, devient une machine à marquer. Thibault Giresse (21 buts au total), Mathieu Scarpelli (15 buts) ou Muri Ogunbiyi (13 buts) s’en donnent à cœur joie. Les scores fleuves s’accumulent. Gap (5-0), Alfortville (6-3), Luzenac (4-1) ou Cannes (4-0) sont balayés au Roudourou.

Seule ombre au tableau, une série de trois défaites consécutives au début de l’année 2011 vient relancer la course à l’accession. Bastia semble d’ores et déjà hors d’atteinte. Il reste donc deux places à prendre pour monter en Ligue 2. La lutte est terrible avec Amiens et Strasbourg qui accumulent les victoires. Les Rouge et Noir ne faiblissent pas et parviennent à maintenir la cadence.

Les hommes de Jocelyn Gourvennec s’appuient sur un football de qualité et poursuivent leur marathon. Gueugnon (5-0), Beauvais (3-0), Alfortville (0-6), Créteil (5-1) ou Orléans (4-1) font les frais de cette course folle vers la montée. A 3 journées de la fin et malgré une défaite concédée sur la pelouse d’Amiens (2-1), Guingamp conserve sa place sur le podium. Une victoire face à Rodez (3-1) dans un Roudourou copieusement garni et il ne reste plus qu’un point à décrocher pour atteindre l’objectif.

Le 27 mai 2011, seize ans jour pour jour après sa première accession en D1, En Avant a de nouveau rendez-vous avec son destin. Sans trembler, les Rouge et Noir s’imposent à Rouen (1-3) grâce à un doublé d’El Jadeyaoui (24’ et 76’) et un but de Scarpelli (30’).

Avec 87 buts inscrits et 80 points au compteur, Guingamp peut logiquement fêter son retour en Ligue 2.

Texte : Christophe Gautier et Pierre Le Lostec.

EAG 1951 Jean-Noël Huck